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Le bout du sillon ( Louis-Eugène Lefèvre)

Perles Zygotes

L'été touche à sa fin ; la terre est grise et nue ;
Le soleil dore encor l'horizon embrasé ;
La plaine s'étend calme, et dans le ciel rosé
À peine entrevoit-on la trame d'une nue.

Dans la solennité du jour qui diminue,
La rude paysanne et le gars déniaisé,
Se sont étreints, vaincus par le rut maîtrisé,
Affolés tout à coup d'ivresse contenue.

De la nature humaine ils sont les doux martyrs,
Quand le travail n'a pas affaibli leurs désirs :
Et le sort a voulu que le même destin


Les ait garrotés deux à la herse maudite.
Aussi, malgré l'appel d'un angelus lointain,
C'est l'amour qui sur eux répand son eau bénite.

© Perles Zygotes
 Poème de Louis-Eugène Lefèvre, paru sous le pseudo de Pierre Caume, in Les Ropsiaques (Londres, mai 1898, Ed. Charles Hirsch)